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LES FANTÔMES DE KYOTO : YOKAI ET YUREI

Au fil des articles les yokai ont déjà été cité, suite à ce LIVE, revenons sur ces esprits vénérés, respectés ou redoutés par la culture japonaise. 

Esprits yokai

Les yōkai (esprit, fantôme, démon, apparition étrange) sont un type de créatures surnaturelles dans le folklore japonais et ils sont aussi appelés ayakashi, mononoke, ou mamono. C'est un terme générique qui englobe tout les monstres et/ou êtres surnaturels.

Ils possèdent souvent des attributs d'animaux, comme le kappa (ressemble à une tortue) ou le tengu (possède des ailes). Ils peuvent avoir des traits plus humains, quelques-uns ressemblent à des objets inanimés et d'autres n'ont pas de formes perceptibles.

Les yōkai ont un comportement souvent espiègle voir malveillant et, occasionnellement, ils portent chance à ceux qu'ils rencontrent. Ils sont ordinairement porteurs de pouvoirs spirituels surnaturels. La métamorphose est l'un des plus courants et ceux disposant de cette capacité sont appelés obake.

Il existe donc une grande variété de yōkai, les plus connus sous forme animale :

• tanuki : chien viverrin (cf. article du 30/09)
• kitsune : renard à 9 queues (Teen Wolf, Dofus, L.O.L)
• hebi : serpent 
• mujina : blaireau
• bakeneko : chat (Totoro)
• tsuchigumo et jorōgumo : araignée (Chihiro)
• inugami : chien (Mononoké)

bakeneko esprit style tsuchigumo  kitsune

Un ayakashi est donc un yōkai, ressemblant à une "anguille" de plusieurs centaines de mètres de long.

---> Si vous connaissez "Sailor moon" il y a les 4 gardiennes du temple qui sont 4 soeurs ayakashi ou ci-dessous dans Noragami

Ayakashi-série Noragami

Le mot mononoke  est assez particulier : il porte le sens de "monstre", "fantôme" ou "esprit" et littéralement signifie : "l'esprit d'une chose" ou "chose étrange". Ce mot est plus utilisé pour parler d'un événement inexplicable. Toutefois, les objets inanimés et les esprits des humains et des autres créatures peuvent être appelés mononoke.

---> Le plus célèbre : Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki où nous retrouvons tout ces esprits et démons.

Un mamono, terme très rare, serait plus un sorcier, un monstre, un esprit maléfique voir un démon.

Les obake, également appelés bakemono ("choses qui changent") sont donc un genre d'esprits caractérisés par leur facultés de métamorphes.

---> Rubilax dans Wakfu (100% français) peut-il être considéré comme okabe ?

Le oni également très répandus au Japon, est une sorte d'ogre descendant des montagnes, décrit comme ayant une peau rouge, bleue, marron ou noire, 2 cornes sur la tête, une large bouche remplie de crocs et qui est seulement revêtu d'un pagne en peau de tigre. Ces ogres descendent parfois de leurs montagnes pour semer le trouble chez les humains, causant de nombreuses destructions avec leurs grandes épées ou de gros gourdins en fer (kanabō).

Pour protéger les populations des oni, les temples furent construits tournés vers le Nord-Est. Ce fait vient de Chine, où cette direction est nommée kimon ("porte démoniaque"): le monastère Enryakuji sur le mont Hiei est au nord-est du centre de Kyoto.

Certains villages tiennent des cérémonies annuelles pour faire fuir les oni, particulièrement au début du printemps.

Oni

Les tengu, eux, sont des gobelins (non pas Harry Potter!) qui ont plusieurs pouvoirs surnaturels et des connaissances en arts martiaux, des démons extrêmement dangereux et des ennemis du bouddhisme. 

Ici-Japon en parle ici plus en détail : http://www.ici-japon.com/culture-japonaise/culture-et-traditions-japonaises/les-creatures-mythiques-japonaises-partie-6/

tengu

Il y a encore les tsukumogami, qui sont un type à part entière de yōkai et d’obake, comprenant des objets domestiques qui prennent vie lors de leur 100ème anniversaire. Ce type inclut :

• bakezōri : sandales de paille
• chōchin-obake ou burabura : lanterne en papier
• kasa-obake : vieux parapluies
• kameosa : vieilles jarres de saké
• morinji-no-kama : bouilloires
• mokumokuren : écrans de papier avec des yeux

tsukumogami

 

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Aller, passons aux yūrei (littéralement "esprit évanescent" ou "esprit indistinct") qui sont les âmes des défunts qui n’ont pas trouvé le repos après leur mort à cause d’une rancune ou autre. On emploie le terme bakemono comme un synonyme de yūrei

Dans les croyances populaires japonaises, la mort d'une personne et la disparition de son enveloppe charnelle ne signifie pas nécessairement la montée au paradis. L'image d'une femme à la chevelure désordonnée sous un capuchon triangulaire, dans une robe flottante sans pieds , correspond parfaitement à la description du yūrei, omniprésente au théâtre ou dans les maisons hantées.

Yurei Yurei-Manga

Le yūrei est un type de revenant méchant et vengeur qui hante un lieu et s'attaque aux gens qui ont provoqué sa colère. Il peut s'agir de l'âme d'une personne qui n'a pas reçu de rites funéraires appropriés et dont la mort fut violente (meurtre, accident, suicide) laissant cette âme frustrée et malheureuse. On prend souvent en exemple la légende autour de la forêt d'Aokigahara où les âmes des personnes qui ont mit fin à leurs jours tentent de nuire aux personnes qui "visitent" cette forêt, les poussant à s'y perdre et à y mourir. Il est dit aussi que ça serait plus entre 2h et 3h du matin ...

yurei-aokigahara-acteur

 

Les japonais s'en protègent en plaçant des talismans de papier, de bois ou de tissu sur lequel est écrit le nom d'une divinité.

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Au Japon la perception de la mort n’est pas la même qu’en Occident. La disparition d’un proche signifie un renouveau pour son âme. En Août (Juillet sur quelques régions), il y a le festival O-bon, les célébrations durent 1 semaine, où les japonais rendent hommage aux défunts

---> Tiré d'une légende indienne : Un jeune homme vit sa mère, décédée, lui revenir en rêve très en colère. Pour la calmer, l’homme aurait prié et déposé un repas sur le tombeau de la défunte. La nuit suivante, celle-ci serait revenue le voir en songe, soulagée cette fois.

Les familles placent des lanternes où brûlent des morceaux de bois devant leur porte d’entrée pour éclairer le chemin, appelé le mukaebi ("le feu d’accueil"). La tradition veut aussi que l’on fabrique un "cheval" avec un concombre piqué sur 4 bâtonnets pour servir de monture aux âmes et une "vache" avec une aubergine plantée elle aussi sur 4 petites piques, pour porter leurs bagages.

cheval de paille-obon obon-cheval et vache offerts au défunt

Puis les familles agrémentent l’autel de la maison (butsudan) de certaines offrandes : de l’encens, des fleurs ou des fruits selon les régions ou des choses préférées de leur défunt. Pendant 7 jours, les esprits des morts reviennent sur Terre pour rendre visite à leurs proches.

Le dernier jour, les familles allument l’okuribi, le feu pour raccompagner les âmes aux cieux. Certaines personnes placent "l’esprit du défunt" dans de petites lanternes de papier carrées (toro), qu’elles déposent sur un rivière ou sur la mer, pour les aider à retrouver le chemin du paradis. Ceci donne lieu à de ravissantes célébrations au bord de l’eau nommées toronagashi ou encore shoronagashi.

obon-lanternes sur eau

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"Dans la ville de Kyoto, la célébration Daimonji Gozan okuribi, attire chaque année des milliers de personnes qui viennent prier pour leurs ancêtres, mais aussi pour tous ceux qui ont eu une mort cruelle. Le 16 août, d’immenses feux de presque 200m de long représentant des caractères chinois sont allumés et brûlent une trentaine de minutes sur les monts de l’ancienne capitale impériale. Le plus célèbre est situé sur le mont Nyoigatake, où l’immense idéogramme "daï" ("grand"), embrase la colline et se voit depuis des km à la ronde."

JNTO : https://www.tourisme-japon.fr/decouvrez-le-japon/festivals-et-manifestations/aout/item/251-les-feux-de-daimonji

 

Lani @+

Sources : wikipédia et tout le web, vivrelejapon, blogs étrangers, Jnto, travel,